*(photo à venir)
************Je jetai un oeil à mon réveil; celui-ci indiquait 5h30. Je poussai un soupir de soulagement en constatant que je pouvais encore dormir deux bonnes heures avant de partir au lycée. Depuis le début de ma scolarité, j'avais toujours été adorée de mes professeurs qui ne cessaient de m'adresser des compliments et de me présenter comme modèle aux autres élèves, ce qui me gênait énormément. Cependant, je détestais mon nouveau lycée; sans doute était-ce lié à la mort de ma mère. Je ne m'intéressais plus à rien mais arrivais tout de même à avoir une moyenne plus que satisfaisante. Dans mon lycée, je n'étais pas vraiment appréciée. J'avais la désagréable impression que tout le monde me jugeait sans m'avoir adressé la parole une seule fois. Je ne me sentais pas comme toutes les autres filles de mon âge, réellement en décalage. Les hommes me faisaient souvent des avances, mais je ne cherchais pas leur compagnie et les trouvais même insolents lorsqu'un vînt à me demander mon numéro de portable sans me connaître. Certains étaient vraiment adorables, mais j'en arrivais à me détourner d'eux. Je ne me sentais pas en phase avec les garçons de mon âge que je jugeais réellement immatures et ne recherchais pas du tout les mêms choses qu'eux dans le cadre d'une relation. Dans mon lycée, j'avais refusé à bon nombre de garçons qui étaient intéressés, voire amoureux de moi d'aller plus loin. Je n'avais donc jamais eu de petit ami, exepté quelques amourettes d'enfance. Du fait que j'étais timide et n'osais pas approcher des gens, je n'ai pu me rapprocher des hommes; flirter, ou encore sortir avec l'un d'eux était donc inimaginable.
************Comme à mon habitude, lorsque la sonnerie de mon réveil retentissait, je descendis à la cuisine et m'enfila le bol de céréales que Susan, notre femme de ménage, me concoctait avec soin chaque matin. En vérité, elle était une des seules personnes que j'appréciais ici. Je regrettais cependant de ne pas la voir plus souvent, car ses principales heures de travail avaient lieu lorsque j'étais au lycée. Susan était une jeune femme d'une trentaine d'années, que Diana avait engagée il y a bien trois ans. Très sérieuse, elle éxécutait avec soin toutes les tâches qu'on lui attribuait, et en faisait parfois même plus que nécessaire. Diana n'entretenait aucuns rapports amicaux avec elle, mais la trouvait extrêmement efficace. Ce jour-là, la femme de ménage que je surnommais Cat - en référence à Catherine Bach, actrice au physique atypique et fort ressemblant à celui de Susan - m'avait rédigé un mot:
Ma chère petite Lin,
Comme tu le sais, je serai abscente pendant quelques jours la semaine prochaine. Je suis tellement heureuse d'aller à Paris pour mon voyage de noces. Mon neveu Jérémy est justement de passage à San Diego pendant cette période, c'est donc lui qui se chargera de me remplacer pour faire le ménage. Tu verras, il est adorable.
Je t'embrasse fort, Cat.
P.-S. : Je compte sur toi pour transmettre le message à ta tante; je lui en avais déjà parlé.
************Je fixai le papier au frigo à l'aide d'un aimant, puis remontai dans ma chambre, enfilai mon jean fétiche et le premier t-shirt qui me vînt. Je passai en vitesse à la salle de bains pour me rafraichir le visage et démêler mes longs cheveux, appliquai un soupçon de maquillage puis filai au lycée sans plus tarder. J'avais pour habitude de m'y rendre à pied; cette petite promenade journalière me permettait de me retrouver un peu seule - c'était pour cette raison que je refusais de prendre le bus. *